|
 Eric Cantona a rencontré lundi la presse et ses fans liégeois.
À l’occasion de la sortie de son nouveau
film, Looking for Eric, Eric Cantona est venu à la rencontre du public
liégeois au cinéma Sauvenière ce lundi soir. Après un « Média marathon » à
Bruxelles, la star est arrivée en fin de séance pour répondre aux questions des
spectateurs. C’était l’occasion pour lui de développer sa vision du
football et d'accorder une interview que voici, en primeur:
Dans le film Looking for Eric, on peut voir quelques uns de vos plus beaux buts. Le choix a dû être
difficile...? J’avais évidemment sélectionné beaucoup
plus de buts que ceux montrés dans le film. On en voit déjà pas mal et ils sont même
expliqués. Je tenais beaucoup à un en particulier, contre Arsenal. Mais
il n’apparaît pas. Je suppose que le monteur doit être supporter des
Gunners. (rires)
Et finalement, votre plus belle action, c'est une passe! Ça aurait pu être un but. J’en ai marqué
de très beaux. Mais cette passe de l’extérieur du droit à Irwin, c’est un
cadeau. Et c’est ça le football, le plaisir d’offrir et de
surprendre.
Dans le film, vous coachez quelqu’un
qui doute. Est-ce que ce sont ces mêmes doutes que vous avez ressenti après
avoir voulu arrêter le football une première fois en
France ? Il faut se remettre dans le contexte.
J’étais jeune, 24 ans je crois. Je ne trouvais plus le plaisir du football en
France. Ce sport est tellement beau et je n’arrivais plus à trouver le plaisir
dans mon pays. J’ai évidemment douté... Ce film à la base était beaucoup plus
autobiographique. Il a été réécrit mais la base est restée.
Après cet épisode, vous vous êtes
exilé en Angleterre. À l’époque, ce n’était pas quelque chose
de banal. Maintenant, il y a pas mal d’étrangers et notamment des Français dans
le championnat anglais. Quand j’y suis arrivé, j’étais international français et
j’ai été mis à l’essai à Sheffield Wednesday. À l’essai ! Pendant 2 semaines. Et
finalement, j’ai signé à Leeds. Mais ça illustre bien l’état d’esprit anglais.
Et pour tout comprendre, j’ai divisé mon salaire en 6 pour aller en là-bas. Mais
j’y ai retrouvé la joie de jouer.
Quel a été le meilleur directeur de
jeu ? Ken Loach, dans le film? ou Alex Ferguson à Manchester? Ce sont tous les deux de merveilleux
meneurs d’hommes. Ils ont des points communs comme celui de travailler sans
relâche pour y arriver. Et ils ont cette touche de génie qu’on n’explique pas.
C’est formidable de travailler avec des gens comme ceux-là.
Enfin, remplacerez-vous un jour Sir
Alex Ferguson à la tête de Manchester United ? C’est trop tôt pour le dire. Pour le
moment, j’ai une foule de projets mais je préfère ne pas en parler. Il y a trop
de gens qui parlent et qui ne montrent jamais rien. Je préfère faire quelque chose
d’abord et ensuite je viendrais en parler avec vous. |